À l’issue de la pire session parlementaire de l’histoire récente du Québec, les députés Stéphane Bédard, Alexandre Cloutier, Sylvain Gaudreault et Denis Trottier tracent un sombre bilan de cette session marquée par la crise sociale, les allégations de corruption et les révélations inquiétantes du Vérificateur général sur la piètre gouvernance des libéraux de Jean Charest. Ils condamnent aussi l’attitude du gouvernement dans les principaux dossiers qui ont dominé l’actualité de la région ces derniers mois, notamment ceux de Rio Tinto Alcan, de la centrale Jim – Gray, des richesses naturelles et d’Hydro-Québec. En ce sens, ils croient qu’il urge plus que jamais d’aller en élections afin de permettre au Québécois de changer de gouvernement.
Lock-out de Rio Tinto Alcan à l’usine d’Alma
Au coeur de la dernière session parlementaire, le lock-out de Rio Tinto Alcan à l’usine d’Alma a nécessité un suivi quotidien au cours des six derniers mois. Depuis le 31 décembre dernier, Alexandre Cloutier a multiplié les interventions, les questions et les rencontres à l’Assemblée nationale afin de contribuer à dénouer l’impasse dans ce dossier. Il a également déposé une pétition de plus de 12 000 signatures à l’Assemblée nationale exigeant que Québec mette un terme aux échanges hydroélectriques impliquant RTA, jusqu’à ce que le conflit soit terminé. De plus, plusieurs rencontres privées et publiques ont eu lieu avec les deux parties concernées dans l’objectif de faire évoluer la situation. « Après de nombreux rebondissements dans ce dossier, les deux parties ont tenu une séance de travail mercredi dernier afin que reprennent les négociations. À la suite de ces échanges, une deuxième rencontre devrait avoir lieu sous peu. Je me réjouis de la reprise des négociations et je souhaite sincèrement que les deux parties en arrivent à une entente afin de dénouer l’impasse avant la période estivale. Le conflit a assez duré et tout le monde désire un règlement imminent dans ce dossier », indique Alexandre Cloutier.
Centrale Jim-Gray: la multiplication des délais démontre l’improvisation du ministre Gignac
Les députés dénoncent l’attitude du ministre des Ressources naturelles qui reporte pour une quatrième fois la reprise de la centrale Jim-Gray par le gouvernement. « Au lieu d’agir à la pièce et dans l’improvisation, le gouvernement devrait regarder l’ensemble des baux de Produits forestiers Résolu sur la rivière Shipshaw pour répondre aux attentes légitimes de la population du Saguenay–Lac-Saint-Jean qui réclame des retombées et des emplois en échange de l’utilisation de nos richesses naturelles », affirme Sylvain Gaudreault. Alexandre Cloutier réitère ses inquiétudes à l’égard de l’usine d’Alma où il y a eu plusieurs centaines de millions d’investissements ces dernières années. Les députés demandent au ministre Gignac de garantir que les retombées de l’exploitation de la centrale demeureront en région, d’exiger de Résolu des investissements structurants et d’éviter tout impact négatif sur les usines d’Alma et de Kénogami.
Vigilance face aux entreprises stratégiques de la région
Les députés s’inquiètent de la perte de contrôle d’entreprises stratégiques. La fermeture à venir de Novelis et la vente de l’usine Lapointe sont les signaux les plus récents qu’il est nécessaire de mettre en place un mécanisme pour identifier les entreprises stratégiques et prendre des mesures pour les protéger. « Le gouvernement Charest laisse ces entreprises changer de mains et fermer des usines sans broncher; cela est inacceptable », s’insurge Sylvain Gaudreault.
Contrôle de nos richesses naturelles
Forêt : manque de vision chronique
« Année après année les gens doivent se mobiliser pour se faire entendre de ce gouvernement et obtenir des réponses de celui-ci. Ce n’est pas sain », déplore le député de Roberval Denis Trottier. Ce gouvernement n’a aucune vision à long terme. Son ministre des ressources naturelles crée de l’incertitude alors qu’il n’a toujours pas déposé sa stratégie forestière promise depuis plus de deux ans. Le gouvernement fait beaucoup d’annonces, mais ne règle rien. Une fois de plus, la semaine dernière, on annonçait enfin les fonds pour les travaux sylvicoles, mais les entrepreneurs sylvicoles nous révèlent qu’il y a encore des problèmes. On est incapable d’avoir une vision claire du dossier et les entrepreneurs, tout comme les propriétaires de machineries forestières sont toujours en situation précaire. Quant au dossier de l’usine de Dolbeau-Mistassini qui, nous disait-on, était réglé depuis plusieurs semaines, il ne l’est toujours pas, ce qui illustre bien l’improvisation et l’inaction du gouvernement. « Beaucoup d’annonces et peu d’action », remarque Denis Trottier qui précise qu’un gouvernement du Parti Québécois entend développer une industrie forestière saine, forte et durable.
Mines : le gouvernement Charest continue de brader nos richesses
Il est inconcevable qu’on puisse sortir des tonnes de minerais du sous-sol québécois sans payer un seul sous de redevances et même d’impôts. Un gouvernement du Parti Québécois exigera des redevances minimales sur la valeur brute et une taxe sur les surprofits des minières. « Selon le régime actuel, les municipalités doivent payer plus cher pour le gravier que certaines minières pour l’or et le fer », se désole Denis Trottier. Comble du manque de vision, le ministre responsable de la région, Serge Simard, va jusqu’à affirmer que mettre en place des obligations de transformation du minerai serait néfaste pour le Québec.
Rationalisation au profit des grands centres chez Hydro-Québec : ça suffit!
Les objectifs d’Hydro-Québec de compression de 25 % des coûts en réduction d’effectifs continuent d’inquiéter grandement les députés d’autant plus que les ressources hydro-électriques se trouvent en région. « Nous nous attendons à une présence plus soutenue d’Hydro-Québec auprès des travailleurs en région. Les barrages y sont, la rationalisation ne doit pas se faire à leur détriment » réclame le député de Chicoutimi.
Projets d’infrastructures sportives rejetés sans raison dans la région
Les raisons demeurent questionnables concernant le rejet de plusieurs projets d’infrastructures sportives régionales tel que le CAMPS de Jonquière, le gymnase pour les écoles St-Denis-St-Isidore de Chicoutimi ou le centre récréatif et culturel de Saint-Gédéon. Suite à la publication du rapport du vérificateur général qui évoque la gestion arbitraire des fonds publics dans le programme, nous y avons appris que le gouvernement libéral ont traité des demandes légitimes, de façon partisane, sans évaluer les réels besoins. « On fait face à une situation qui s’apparente à celle du scandale des garderies avec l’ancien député libéral, Tony Tomassi », dénoncent les députés.
Centre régional des achats en groupe des établissements de santé et de services sociaux
Dans le dossier des achats en groupe, les députés dénoncent la décision du gouvernement du Québec imposée à notre agence régionale qui n’est pas à l’avantage des citoyens du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Force est de constater que le ministre Serge Simard n’a pas su défendre les intérêts de notre région. « Les députés s’engagent à revoir la décision. La région doit continuer à pouvoir promouvoir les entreprises régionales », a énoncé Stéphane Bédard.
Rappelant la crise étudiante transformée en crise sociale en raison du laisser-faire du gouvernement et la Loi 78, les députés souhaitent que des élections permettent bientôt aux québécois de montrer la porte au gouvernement Charest.
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