Le député de Lac-Saint-Jean et porte-parole de l’opposition officielle en matière d’emploi et de solidarité sociale, Alexandre Cloutier, a demandé aujourd’hui à la ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Julie Boulet, de revenir sur sa décision de mettre fin au processus d’entrevue avec un agent lors d’une demande d’aide sociale. Également, le député a demandé à la ministre de ne pas centraliser dans un seul endroit par région le traitement des dossiers de personnes ayant des contraintes sévères à l’emploi. Deux décisions qui pénalisent directement les personnes les plus démunies de la société.
« Avant la vague des compressions du gouvernement libéral, un citoyen qui déposait sa demande se faisait accompagner par un agent du centre local d’emploi qui avait pour tâche de s’assurer que le formulaire avait été bien rempli et que les bons documents accompagnaient la demande. Maintenant, la ministre a décidé de mettre fin à ce processus et de laisser cette clientèle dans le besoin se débrouiller sans aide. Cette décision a fait exploser les taux de refus aux demandes d’aide sociale et malheureusement, plusieurs demandes sont refusées non pas parce que les personnes n’ont pas droit à l’aide sociale, mais parce qu’elles n’ont plus l’aide nécessaire pour bien remplir leur demande », a déclaré Alexandre Cloutier.
Auparavant, le pourcentage de demandes rejetées variait entre 10 et 15 % selon les régions au Québec. Depuis l’application de la nouvelle procédure, où l’on demande aux agents de rencontrer le moins de personnes possible, une personne sur deux voit sa demande rejetée en Montérégie, dans Lanaudière et dans les Laurentides. Pire encore, près de 70 % des demandes sont rejetées en Abitibi.
Centralisation régionale
Alexandre Cloutier a également questionné la ministre Boulet sur la centralisation régionale des dossiers de personnes ayant des contraintes sévères à l’emploi. Ainsi, une personne ayant une limitation fonctionnelle majeure comme un handicap physique ou un problème grave de santé mentale ne peut plus rencontrer un agent à son centre local d’emploi et doit parfois parcourir jusqu’à 200 kilomètres pour obtenir une rencontre. Souvent, ces personnes n’ont pas de voiture et en région le transport en commun n’est pas toujours disponible.
« À Alma, dans ma circonscription, un couple avec un enfant qui s’était fait couper sa prestation de 500 $ par mois s’est fait dire que s’il n’était pas satisfait, il n’avait qu’à aller rencontrer un agent à La Baie, qui se situe à 80 kilomètres de son domicile alors que ces personnes ne possèdent pas de voiture. Il est inacceptable qu’on en soit rendu là. La ministre doit revenir sur ces deux décisions inacceptables », a conclu Alexandre Cloutier.
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