Le député de Lac-Saint-Jean et porte-parole de l’opposition officielle en matière d’affaires autochtones, Alexandre Cloutier, et le député de Groulx et porte-parole en matière de protection de la jeunesse, René Gauvreau, s’étonnent du manque de sensibilité du gouvernement libéral envers la crise du logement que subit la population du Nunavik.
Questionnés aujourd’hui à l’Assemblée nationale, le ministre responsable des Affaires autochtones, Pierre Corbeil, et la ministre déléguée aux Services sociaux, Dominique Vien, n’ont cessé de vanter le renouvellement d’une entente quinquennale avec le gouvernement fédéral. Pourtant, comme l’a dit la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse dans un rapport de 2007 et répété dans un rapport publié la semaine dernière, l’entente ne fait que maintenir le statu quo alors que la situation se détériore.
« Le gouvernement est au courant que la politique actuelle perpétue la misère humaine. Quand on sait qu’au Nunavik la violence familiale est dix fois plus élevée que la moyenne canadienne, que le taux de suicide est le plus élevé au Québec, qu’un enfant sur deux vit dans un milieu où il y a consommation abusive d’alcool, où la violence est présente et qu’on retrouve souvent de douze à quinze personnes dans un même logement, on ne peut rester inactif. Il faudrait au moins 1000 logements supplémentaires pour rattraper le retard, sans compter les besoins qui s’ajouteront au cours des cinq prochaines années », a affirmé Alexandre Cloutier.
Le Parti Québécois rappelle que le rapport de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse publié la semaine dernière est accablant. Comme l’indique le rapport : « Au Nunavik, 30 % des enfants font l’objet d’un signalement auprès des directeurs de la protection de la jeunesse ». On peut aussi y lire que ce taux est six fois plus élevé que la moyenne québécoise : « Pour la région du Nunavik, on est passé de 777 signalements reçus en 2006-2007 à 1817 pour l’année 2009-2010, soit 2,4 fois de plus ».
« Alors que les signalements explosent, que la situation se détériore, le gouvernement demeure inactif. Cette crise du logement est en train de dégénérer en crise sociale. C’est assez! Les familles du Nunavik méritent mieux qu’une situation digne du tiers-monde », a conclu René Gauvreau.
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