par zerojay
Imaginez que vous plantiez des fleurs depuis des années en avant de votre maison et qu’on vous apprenne du jour au lendemain que vous êtes sur le terrain du voisin. N’importe quel Québécois placés dans ce contexte va vouloir régulariser la situation.
C’est exactement la même chose qui se passe devant l’Hôtel de Parlement de Québec. On a appris en fin de semaine que les statues de René Lévesque, Robert Bourassa, Honoré Mercier et même la fontaine de Tourny se trouvent sur un terrain appartenant au fédéral.
Cette situation choque la logique et doit être corrigée et c’est pour cette raison que l’opposition officielle réclame la cession de ces terrains au Québec.
Il est aberrant aussi de constater que le gouvernement libéral semble vouloir faire marche arrière pour des raisons purement partisanes. En effet, le gouvernement du Québec laisse entendre que parce que le Parti Québécois et le Bloc Québécois sont d’accord pour récupérer les terres devant l’Assemblée nationale, il pourrait retirer sa demande de juillet 2006.
L’ex-ministre libéral Benoit Pelletier a même laissé entendre hier que le dossier aurait pu se régler facilement si on ne s’en était pas mêlé. Pourtant, monsieur Pelletier n’a même pas été en mesure de recevoir un accusé de réception à sa lettre de l’époque.
Voilà une belle occasion pour s’élever au-dessus de la joute partisane.
Si en 1877, le club de patinage le « skating club » a réussi a obtenir une parcelle de terrain en face du Parlement pour y construire une patinoire, je ne vois pas pourquoi les députés de Québec ne réussiraient pas à récupérer leur propre cour avant.
La restitution des Plaines d’Abraham
En 1908, c’est par l’utilisation du pouvoir déclaratoire que le gouvernement fédéral s’est approprié les plaines d’Abraham et l’avenue des Braves ainsi que le parc et le monuments des braves, situés en pleine ville de Québec.
Le gouvernement fédéral a donc utilisé ce vieux pouvoir contraire aux principes fédératifs qui lui permet d’agir unilatéralement et de prendre possession de travaux du Québec en les déclarant à l’avantage et à la propriété du Canada. Ce pouvoir illustre la capacité du gouvernement fédéral à prendre possession des travaux du Québec et à les centraliser à Ottawa.
C’est pour cette raison que le Québec demande que ce pouvoir soit aboli ou limité depuis toujours, incluant Robert Bourassa en 1976 et René Lévesque en 1978, sans compter toutes les autres rondes constitutionnelles.
En ce qui a trait à la cession des plaines d’Abraham, il s’agit là d’une demande historique puisque René Lévesque et Pierre-Marc Johnson l’ont fait par le passé.
Avec l’utilisation du pouvoir déclaratoire et les autres pouvoirs, le fédéral possède maintenant environ 40 % du territoire fortifié de la ville ce qui ne peut se justifier pour des raisons militaires en 2009.
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